Comment éviter le surendettement ?

Consommer de façon raisonnable.
Vivre plus sobrement.

Nous vivons dans une société de consommation. On ne peut pas le nier : l'excès de consommation, ou hyperconsommation, est l'une des raisons principales du développement du surendettement. Nous consommons tous au-delà de nos besoins, poussés par le marketing agressif des entreprises et les publicités qui nous entourent partout. Et malheureusement, nombreux sont les ménages qui dépensent aussi au-delà de leurs capacités financières.

Au-delà de l'argument écologique, l'hyperconsommation soulève une question morale majeure sur le sens de notre existence :

Est-ce que le bonheur passe par la consommation ? Les objets et les services sont-ils une finalité en soi, ou bien un moyen ?

L'expérience nous montre que les ménages surendettés sont loin d'être des consommateurs excessifs. Ils ne consomment pas plus que leurs concitoyens en proportion de leurs revenus. Mais beaucoup d'entre eux ne seraient sans doute pas tombés dans le surendettement dans une société plus "sobre".

Limiter les crédits

Le recours au crédit de plus en plus fréquent depuis quelques dizaines d'années. C'est un outil qui est incontestablement utile, mais qui peut aussi s'avérer dangereux. Il consiste en effet à financer un bien aujourd'hui avec de l'argent de demain. Il faut donc l'utiliser avec modération et prudence, car nul ne sait de quoi son avenir financier sera fait.

Le crédit est :

  • indispensable dans le cas d'un achat immobilier
  • utile pour les gros achats (voiture...)
  • souvent inutile pour les achats moyens (électroménager...)
  • presque toujours nocif pour les petits achats de la vie de tous les jours (en particulier les cartes de crédit servant à faire ses courses)

Il y a une règle simple à retenir :

La durée d'un crédit ne devrait jamais dépasser la durée de vie de l'objet ou du service pour lequel on l'a contracté.

Bien étudier les conditions

Avant de souscrire un crédit, regardez en détail les conditions, notamment le taux d'intérêt (ou "TAEG"), la mensualité et la durée.

Le taux d'intérêt doit être le lus faible possible (et dans tous les cas inférieur à 10%).

Assurez-vous d'être en mesure de faire face à la mensualité pendant toute la durée du crédit, en gardant un marge de sécurité.

Ne pas toucher aux crédits renouvelables

Un type de crédit est particulièrement dangereux : le crédit revolving (appelés aussi "crédit renouvelable" ou "carte de crédit"). Ces crédits sont en cause dans plus de 80% des dossiers de surendettement. Si leur souplesse peut être pratique pour traverser un passage difficile, ils peuvent surtout devenir une bombe à retardement, car il sont à la fois trop tentants (facilité d'accès) et trop coûteux (taux d'intérêt élevé).

Dans le doute, il vaut mieux les bannir complètement
Dans tous les cas, il ne faut jamais garder un crédit revolving plus de 6 mois
Si vous avez des crédits revolving, demandez à votre banque (ou un autre organisme) de les transformer en crédit consommation (avec un échéancier et un taux d'intérêt plus faible)

Eviter les LOA et LLD

Depuis quelques années, les LOA (location avec option d'achat) et LDD (location longue durée) se répandent, sous l'impulsion des vendeurs, notamment pour l'achat de véhicules. Il faut savoir que, dans l'immense majorité des cas, il ne s'agit pas de locations mais de crédits déguisés. Les contrats vous contraignent à garder le véhicule longtemps, et en cas de restitution anticipée, les pénalités sont lourdes. Lisez bien le contrat avant de le signer.

D'une façon générale, si vous ne pouvez pas acheter votre véhicule cash (qu'il soit neuf ou d'occasion), nous vous conseillons plutôt de souscrire un crédit à la consommation classique.

Dans notre société, le crédit est devenu une façon artificielle de doper la croissance actuelle avec l'argent de demain. Mais pour avoir plus de croissance demain tout en remboursant les crédits d'aujourd'hui, il nous faudra faire encore plus de crédits. On entre ainsi dans une spirale sans fin...

Constituer une épargne de précaution

Depuis quelques décennies, notre société de l'épargne s'est transformée en société du crédit.

Nos grands-parents avaient l'habitude d'acheter avec l'argent qu'ils avaient économisé hier. Aujourd'hui, on achète bien souvent avec l'argent que l'on gagnera demain...

Mais, lorsqu'un imprévu arrive, on risque de se retrouver en manque de trésorerie, ou dans l'impossibilité de rembourser ses dettes.

Pour pouvoir faire face aux dépenses imprévues, il est essentiel de se constituer une petite épargne.

Le bon réflexe est de mettre de côté chaque mois une somme fixe (sur un livret A par exemple) dès que l'on touche son revenu. Même si ce n'est que quelques euros, cela permet de prendre de bonnes habitudes.

Déterminez le montant de votre épargne mensuelle en fonction de vos ressources et de vos charges, et ajustez-le lorsque votre situation change.

Ne touchez à vos économies qu'en cas de problème. Ne les utilisez pas pour des dépenses de loisir.

Etablir son budget mensuel

Nous connaissons tous le montant de nos revenus et de notre loyer. Pour nos dépenses régulières (électricité, téléphone, impôts), c'est souvent plus flou. Quant aux dépenses variables (alimentation, transport, travaux, vêtements, loisirs, etc.), qui les connait précisément ?

Les gens ont souvent une vue très éloignée de leurs dépenses réelles. Pourtant, établir un budget précis permet d'éviter les découverts bancaires, les impayés, et beaucoup de tracas.

Si vous avez souscrit des crédits, il est aussi essentiel de bien en connaître les conditions (type, mensualité, taux d'intérêt), ainsi que votre capacité de remboursement.

D'une façon générale, éduquez-vous et éduquez votre entourage à l'argent et à ses mécanismes. Si vous avez des enfants ou des élèves, parlez-en avec eux. L'éducation est la meilleure façon d'éviter le piège du surendettement !

Le site "Mes questions d'argent" est un site public d'information, édité par la Banque de France, qui contient beaucoup d'informations utiles et concrètes sur tout ce qui concerne l'argent : banques, assurances, crédits, épargne, arnaques, etc.

Eviter les pièges

Notre société de consommation foisonne de propositions alléchantes pour nous inciter à consommer toujours plus. Les grandes entreprises de distribution et les banques font preuve d'une inventivité infinie pour trouver toujours de nouveaux produits et services, et pour les promouvoir.

Méfiez-vous ! N'oubliez jamais qu'elles sont plus intéressées par votre argent que par votre bien-être...

Quelques exemples :

Publicité : Elle est partout, et elle est étudiée scientifiquement pour vous convaincre d'acheter ce dont vous n'avez pas besoin, et même ce dont vous n'avez pas envie. Tenez-vous à distance !
Facilités de paiement (exemple : "10 fois sans frais") : Elles cachent souvent une obligation de souscrire à une carte de crédit. On vous proposera bientôt une "réserve d'argent", et il sera difficile de résister.
Paiements fractionnés : Les taux d'intérêt peuvent être très élevés.
Jeux de hasard et paris sportif : Ils peuvent vous faire perdre beaucoup d'argent, et surtout vous enfoncer dans l'addiction.
Sites Internet de "fast fashion" : Ils vous incitent à acheter beaucoup plus de vêtements que nécessaire... Au final, vous dépensez peut-être plus qu'avant, pour des articles de moindre qualité.
Livraisons de repas à domicile : Elles alourdissent énormément votre budget alimentation.